Yaroslav
Davletshin

Yaroslav Davletshin

École secondaire Paul-Gérin- Lajoie-d'Outremont

Montréal

Je suis un élève engagé et je participe à plusieurs événements qui rassemblent de jeunes québécois impliqués. De plus, je suis membre du Conseil d’élèves à mon école et je fais partie du comité vert. Au sein de ces comités, je suis chargé des responsabilités en matière d’environnement. J’aime travailler en équipe et communiquer avec les autres.

« Un temps puissant traverse nos âmes » : journal d’un garçon inuit

par Yaroslav Davletshin - mai 20, 2021

ᑎᕆᓪᓗᓕᐅᑎ 3 (3 avril)

J’étais assis à mon bureau le soir, quand, tout d’un coup, j’ai vu des rayons de lumière entrer par la fenêtre. Immédiatement, je suis sorti de la maison. Le ciel était rempli d’un mélange de jade, magenta et turquoise, comme si l’on avait renversé de la peinture sur une toile. C’était une aurore boréale, la plus belle que je n’avais jamais vue. « Quel beau monde Tuluaq[1] a créé ! » ai-je pensé! La bonté majestueuse du paysage me remplissait d’admiration.

ᓄᕐᕋᓕᐅᑎ 5 (5 mai) 

Aujourd’hui, je suis allé avec mon père dans le vide sanitaire pour inspecter les pieux[2], après avoir découvert différents dommages à notre maison la semaine dernière. En effet, on avait remarqué qu’il y avait une fissure sur le plafond du salon et que le plancher du garde-manger était gondolé. L’inspection des pieux a révélé que ceux-ci ne se tenaient plus droit, perpendiculairement au sol. « C’est l’aujuittuq[3] qui fond », a soupiré mon père. « Les pieux deviennent donc instables. »

ᓄᕐᕋᓕᐅᑎ 25 (25 mai)

Aujourd’hui, on est allé dans la toundra, comme on le fait à chaque été. On s’y est promené pendant plusieurs heures. J’adore la toundra : ses lacs, ses marais, ses mousses et ses lichens verts. Pour moi, la vie sans la toundra est inimaginable! Malheureusement, mon environnement subit de grands changements. Mon père m’a montré un lac qui brunit. « C’est la fonte de l’aujuittuq, a-t-il dit. Il y a des années, quand je m’assoyais au bord du lac, je voyais mon reflet, comme si le lac était un miroir. Maintenant, ce n’est qu’un marécage avec des eaux lugubres. ».

ᒪᓐᓂᓕᐅᑎ 13 (13 juin) 

Aujourd’hui, la journée a commencé comme à l’habitude. J’allais à l’école quand, soudain, j’ai vu nos voisins, Panuk et Kallik, courir à la hâte vers la baie, armés de fusils.

­— Attention, un nanoq[4] est dans le village, m’ont-ils dit. Soit prudent !

Mon cœur a commencé à battre très fort. Ces géants très dangereux à fourrure blanche viennent jusque dans nos villages, quand ils ont faim. On les tue et puis on se partage la viande.

— Mme Alonak, pourquoi tous ces changements se produisent-ils autour de nous? ai-je demandé à ma professeure de science après notre cours d’après-midi. L’aujuittuq fond, les nanoqs s’approchent de plus en plus près de nos villages. Pourquoi est-ce que tous ces changements se produisent-ils et perturbent notre mode de vie traditionnel ?

— C’est le climat qui change, m’a-t-elle expliqué. Les températures montent, le temps change et notre environnement aussi.

« Pourquoi le climat changerait-il maintenant ? me suis-je demandé, pendant que je retournais à la maison. Nous vivons notre mode de vie depuis des centaines d’années, pêchant, chassant, cueillant des baies. Pourquoi tous ces changements, se passent-ils aujourd’hui ? »

ᑐᕓᔭᕉᑦ 5 (5 juillet)

Aujourd’hui, j’ai visité ma grand-mère dans sa petite maison au bout du village. On a mangé un dîner rassasiant ensemble et je suis resté avec elle pendant plusieurs heures. On a bavardé à propos de l’école et de mes voyages avec mon père dans la toundra, puis elle m’a dit :

— Peut-être ne l’as-tu pas remarqué, mais notre environnement change de plus en plus. Je me souviens que, quand j’étais petite, il faisait davantage froid l’hiver, il neigeait plus qu’aujourd’hui, les jours de pluie mornes étaient plus rares. Maintenant, tout est différent. 

Elle a expliqué que le temps est une punition de Sila, un dieu inuit, face à l’insouciance de l’humain.

ᐊᐅᔭᓕᕉᑎ 7 (7 août)

Je regardais les eaux turbulentes de la baie d’Hudson, lorsque j’ai entendu un cri. C’était comme le cri incessant d’un naujaq[5]. Il venait de loin, mais il était parfaitement clair. J’ai regardé derrière moi. À l’horizon, j’ai vu une silhouette pâle qui courait vers moi, en désespoir. C’était mon père.

Ce jour-là, une tempête avait traversé notre village. Comme les pieds d’un géant écrasant tout sur son passage, elle a détruit les canots et les cabines de plusieurs gens du village, dont de mon père. La tradition orale inuite attribue les vents à Narssuk, un dieu inuit, qui punit ainsi les humains. Mais nous, qui vivons en harmonie avec la nature, qu’a-t-on fait pour mériter cette punition ?

ᐊᐅᔭᓕᕉᑎ 18 (18 août)

Ces derniers temps, je réfléchis à tous les changements dans notre environnement arctique dont j’ai été témoin ces derniers mois. Je ne comprends pas pourquoi, tout d’un coup, notre mode de vie est bouleversé ainsi. Je crois qu’on n’est pas responsables pour ce qui se passe. Pourtant, ce sont nous qui devrons vivre avec les conséquences. Toutefois, il ne faut pas baisser les bras. Comme dit le poème de la poétesse orale inuite, Uvavnuk, « Un temps puissant traverse nos âmes ». Ces changements à notre environnement perturbent notre mode de vie traditionnel, mais il faut les traiter comme tout autre obstacle dans la vie : comme une occasion de se prouver qu’on peut les surmonter. Et ce n’est qu’à travers ces défis que nous, en tant qu’humains, pouvons grandir spirituellement.


[1] Le corbeau qui, selon la mythologie des Inuits, est le créateur de la nature et des êtres vivants.

[2] Les tuyaux servant de support pour les maisons des Inuits.

[3] Pergélisol.

[4] Ours polaire.

[5] Mouette.

Transition énergétique

par Yaroslav Davletshin - mai 4, 2020

J’aimerais réaliser un projet pour faire une transition énergétique vers l’énergie solaire dans des écoles au Québec, surtout à Montréal. L’énergie de l’eau est une énergie durable et est beaucoup mieux que le pétrole. Toutefois, l’énergie solaire pollue encore moins, car elle ne nécessite pas la construction de barrages qui entraînent des problèmes dans les écosystèmes, comme avec l’énergie hydroélectrique. 

L’idée de ce projet, donc, c’est de diminuer la dépendance des écoles à l’énergie hydroélectrique et de réaliser une transition vers l’énergie solaire. Même si une certaine partie de l’énergie des écoles continuerait d’être produite à partir de l’hydroélectricité, ce serait préférable que de produire toute l’énergie de cette façon. Pour réaliser ce projet, il faut installer des panneaux solaires dans les écoles.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’énergie solaire au Québec, surtout à Montréal, est possible. Par ailleurs, elle est possible même en Alaska! Donc, réaliser un tel projet dans quelques écoles à Montréal n’est pas un problème. 


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