Matisse
Gauthier
Bossé

Matisse Gauthier Bosse

Polyvalente des Berges

Côte-Nord

J’habite dans un petit village de la Côte-Nord et la nature fait partie de ma vie depuis toujours. Je suis conscient de l’équilibre précaire qui existe entre le fleuve Saint-Laurent, ses habitants et les humains qui l’utilisent. Je me sens concerné par les changements climatiques, c’est pourquoi je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir pour faire progresser la lutte dans mon environnement et partout ailleurs. Je sais que je suis capable de faire une différence dans mon milieu et je me dois de la faire ! Je suis membre du comité environnemental de mon école.

Surconsommation et surproduction

par Matisse Gauthier Bossé - mai 27, 2021

La « surconsommation », on entend ce mot partout de nos jours, mais sait-on vraiment ce qu’elle représente ? Ce concept, malheureusement devenu normalité dans les pays industrialisés, signifie une exagération ou une trop grande utilisation d’un bien ou d’un service. On consomme au-delà de nos besoins. Par exemple, les nouvelles générations de téléphones mobiles deviennent de plus en plus puissantes et les nouvelles mises à jour requièrent des appareils plus performants. Il faut donc toujours acheter les nouvelles versions et se maintenir à la fine pointe de la technologie, autrement nos cellulaires et tablettes électroniques ne sont plus performants et deviennent désuets. Pourtant, toutes les composantes sont encore en état de marche! Les systèmes internes fonctionnent parfaitement, mais nous nous sentons obligés de nous acheter un nouveau téléphone cellulaire puisque les compagnies nous incitent à le faire. De plus, les géants comme Apple, Google, Samsung savent rendre leurs appareils si attirants qu’ils nous poussent à acheter leurs produits de plus en plus chers sans que nous nous posions une question simple : En ai-je vraiment besoin ? À titre démonstratif, la compagnie Samsung a vendu un total de 146 millions de téléphones mobiles en 2018, ce qui représente seulement 23.75% de la totalité des téléphones cellulaires vendus cette année-là, soit 614 millions d’appareils !

Qui n’a jamais ressenti la satisfaction, ce petit plaisir, en achetant un article sur un coup de tête ou que l’on convoite depuis un certain moment ? Un bonheur momentané, procuré par un article de mode ou technologique. Ce même bonheur qui s’amenuisera parfois rapidement, et que l’on recherchera et que l’on voudra certainement reproduire.

Cette surconsommation nous amène à un autre point : « la surproduction ». Cette dernière peut sembler être un concept complexe et pourtant sa définition est très simple : on parle de surproduction quand une entreprise produit plus que la demande des consommateurs. Il n’y aurait aucun problème à toute cette chaine de production-consommation si la surproduction n’entrainait pas une quantité astronomique de déchets matériels et de polluants atmosphériques. Par exemple, entre 2000 et 2014 seulement, la production de vêtements a doublé dans le monde en raison de l’apparition du « Fast Fashion », cette mode de type éphémère, soutenue par les marques de vêtements bas prix comme H&M, caractérisée par un changement très régulier des vêtements en vente et des tendances. Ainsi, un certain chandail ou style peut devenir très à la mode durant plusieurs mois. Pendant ce lapse de temps, les distributeurs en feront produire une grande quantité, afin de profiter de toutes les ventes possibles et ainsi augmenter leur profitabilité. Puis, soudainement, la compagnie présente un nouveau style, une nouvelle mode, puis on recommence le même scénario avec d’autres modèles. Le problème : que faire de tous ces vêtements maintenant considérés démodés ? Les industries vont en garder un certain stock pour les quelques personnes qui continueront d’en acheter. La plus grande partie du textile se retrouvera toutefois dans des décharges ou des feux de joies. Selon un rapport de la Fondation Ellen MacArthur, 70% des vêtements seraient brulés ou enfouis alors que seulement 1% serait recyclé.

La surproduction existe malheureusement dans le domaine alimentaire également. 75 % de toute la production alimentaire mondiale vient uniquement de 5 espèces animales (porc, bœuf, poulet, etc.) et de 12 plantes. Toute cette production de masse nécessite le développement d’immenses zones de production, créée en défrichant de grands territoires forestiers au détriment de la flore et de la faune présentent sur ces territoires. De plus, 33% des cours d’eau sont pollués, la plupart des forêts tropicales disparaissent et de plus en plus d’animaux sont en voie d’extinction car des ressources naturelles sont sans cesse détruites et récupérer pour la production de biens.

Cette surproduction alimentaire sert en partie à combler les besoins des consommateurs qui, eux-mêmes, surconsomment. Et, derrière ce dérisoire cercle de consommation, se cache le gaspillage alimentaire. RECYC-QUÉBEC définit ce dernier comme étant toute nourriture, destinée à la consommation humaine, qui est perdue ou jetée tout au long de la chaine alimentaire, que ce soit au champ, dans le transport, lors de leur transformation, à l’épicerie, dans les restaurants et hôtels ou encore à la maison.

Au Canada, les principaux aliments touchés par le gaspillage alimentaire sont les légumes, les fruits, les restes de table, le pain et les produits de boulangerie, suivis des produits laitiers et des œufs qui sont perdus ou gaspillés. C’est donc 58 % de la nourriture qui est jetée tout au long de la chaîne alimentaire, du champ jusqu’à notre assiette, pour un total de 35,5 millions de tonnes. Cependant, on évalue à 11,2 millions de tonnes la quantité de résidus qui auraient dû être mangés ou donnés plutôt que jetés. Cela représente suffisamment de nourriture pour nourrir tous les canadiens pendant près de 5 mois.

En plus d’occasionner une utilisation inadéquate de nos ressources, l’enfouissement ou l’incinération de ces aliments génère des émissions de gaz à effet de serre qui contribuent aux changements climatiques. Selon RECYC-QUÉBEC, si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le 3e plus gros producteur de gaz à effet de serre après la Chine et les États-Unis.

Mais que peut-on faire personnellement pour réduire notre surconsommation ? Voici quelques petits trucs faciles à appliquer lorsque vous voulez faire des achats :

  • Questionnez votre utilisation de l’article que vous désirez acheter. Sera-t-il utilisé fréquemment ? Si vous répondez non, peut-être pouvez-vous considérer l’emprunter ou vous débrouiller sans lui.
  • Posez-vous des questions, par exemple, « Qui a fait ce vêtement? », « Combien de temps vais-je l’utiliser? », « Comment va-t-il terminer sa vie? »
  • Faites-vous une liste d’achat et respectez-la afin d’éviter les achats impulsifs.
  • Demandez-vous toujours si vous avez vraiment besoin de cet objet. Si vous avez un doute, prenez le temps de reconsidérer votre achat.
  • Faites le tri de vos choses et donnez-les à des organismes ou à des amis.  Donner une deuxième vie à ces biens, réduira ainsi la surconsommation.

Ces quelques trucs vont vous faire économiser sur vos achats, mais il en existe aussi pour réduire votre consommation de ressources, comme :

  • Prendre des douches moins longues.
  • Garder une température plus fraîche dans votre maison. En diminuant votre chauffage d’un degré Celsius seulement, vous pourriez économiser 5 à 7% des coûts liés au chauffage. Faites le calcul!
  • Favoriser les ampoules LED. Saviez-vous que les ampoules LED permettent des économies d’énergie de 70 à 90 % par rapport aux produits à incandescence et durent 15 fois plus longtemps!
  • Planifiez vos repas et validez ce que contient votre réfrigérateur et votre garde-manger afin d’éviter le gaspillage alimentaire.
  • Réduisez votre consommation de viande et privilégiez les protéines végétales. Elles coutent moins chères et sont moins néfastes sur l’environnement.

C’est donc avec ces solutions, bonnes pour l’environnement et votre portefeuille, que je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire.

Regroupement Non-GNL de la Coalition Fjord

par Matisse Gauthier Bossé - mai 6, 2020

J’ai participé au regroupement Non-GNL de la Coalition Fjord, un regroupement d’envergure visant à éviter le développement d’un projet pétrolier. Ce dernier proposait la construction d’un pipeline gazier de 750 km et d’une usine de liquéfaction de gaz, ainsi que d’un terminal d’exportation par navire super-méthaniers qui auraient menacé tout espoir de vie sous toutes ses formes le long de son tracé. Ce projet aurait aussi accentué la crise climatique. Lors du SJCC19, j’ai convaincu Dominic Champagne de nous rejoindre à la manifestation qui a eu lieu à Tadoussac, le 15 juin 2019.  Entouré de politiciens, de biologistes et de personnalités publiques, j’ai été invité à faire un discours afin de représenter la jeunesse. À ce moment, j’ai compris l’ampleur de l’impact et l’influence positive que je pouvais avoir dans mon milieu.

Commentaires


  1. Salut Matisse ! Je m’appelle Sabrina, j’ai 17 ans et je fais partie, avec d’autres jeunes du Québec, d’un mouvement en développement qui se nomme « L’environnement à notre échelle ». Il s’agit d’un regroupement de jeunes engagés pour la crise environnementale qui veulent amener des changements à l’échelle du Québec, notamment par le biais des médias sociaux et du partage des connaissances et des initiatives. Dans le fond, on veut utiliser notre pouvoir en tant que jeunes citoyens pour amener le gouvernement à enfin agir pour la planète et on veut regrouper le plus de gens comme nous pour augmenter notre impact. Notre but est aussi de créer un endroit en ligne pour rassembler les québécois écolos et passer à l’action ! J’ai vu que tu es jeune ministre de l’environnement de la Côte-Nord pour l’année 2020, c’est vraiment cool, bravo ! C’est pourquoi on aimerait t’inviter à joindre notre mouvement. Le projet est encore en développement, mais le lancement se fera le 5 juin prochain. Je t’invite à aimer notre page Facebook (https://www.facebook.com/Lenvironnement-%C3%A0-notre-%C3%A9chelle-112193156843479) et t’abonner à notre compte Instagram. On serait VRAIMENT contents que tu te joignes à nous, mais pas de pression. Laisse-moi savoir ta réponse et n’hésite-pas à me poser des questions si tu en as. Bonne journée !

  2. Bravo Matisse pour ton implication dans notre milieu. T’es inspirant et un modèle à suivre pour les plus jeunes.


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